Architecture nomade, matière vivante : traduire House of Dust
- Années: 2025 - 2026
- Lieu: Bochum (DE)
House of Dust est une œuvre fondatrice de l'artiste américaine Fluxus Alison Knowles. Pensée comme une architecture nomade, elle traverse les territoires et se transforme au gré des contextes qu'elle investit. Déplacée de New York à Los Angeles en 1970 pour s'installer sur le campus du California Institute of the Arts (CalArts), cette maison-poème aux contours mouvants change d'usage, de forme et de matérialité selon les lieux qui l'accueillent. À chaque étape, elle devient une plateforme d'expérimentation où se déploient performances, concerts, rencontres et nouvelles productions artistiques.
Invité.e.s. par le Kunstmuseum de Bochum dans le cadre de l’exposition How We Met, les architectes de bureaumilieux et l’artiste et scénographe Mélissa Rouvinet se sont saisis de cet héritage pour en proposer une réinterprétation contemporaine. L’œuvre a été fabriquée in situ, afin de s’intégrer pleinement au lieu qui l’accueille.
De cette rencontre avec le lieu est né un projet hybride, à la croisée de l’architecture, de la sculpture et de la scénographie. Plus qu’un objet, il s’agit d’une expérience immersive : un espace vivant, poreux et évolutif, qui invite le visiteur à entrer pleinement dans un environnement à la fois physique et sensoriel. L’œuvre conserve les traces visibles de son propre processus de fabrication.
Pour donner corps à cette œuvre monumentale, les concepteurs ont choisi le torchis — un mélange ancestral de terre et de paille. Ce matériau brut et organique, choisi pour sa force plastique autant que pour sa dimension vernaculaire, est appliqué sur une armature métallique cintrée. Déposé en une fine couche, il révèle le maillage de la structure tout en laissant apparaître les gestes qui ont accompagné sa mise en œuvre.
Le travail empirique de la terre remet au centre le rituel de bâtir : ici, construire n’est pas seulement assembler, mais expérimenter. Le façonnage devient un processus vivant, où la main pense, où le corps façonne et où le geste prolonge l’esprit.
Conçue de manière modulable, l’œuvre est appelée à se transformer au fil de ses déplacements. Chaque voyage devient une occasion de réagencement et de réinterprétation, lui permettant de continuer à s’intégrer aux lieux qu’elle traverse
Présentée dans un second temps à l'extérieur du musée lors de l’expositionDas öffentliche Grün, l'installation est exposée aux effets du temps, des intempéries et de l'érosion. Sa disparition progressive fait partie intégrante du projet : loin d'être une altération, elle constitue l'ultime étape d'une œuvre pensée comme un cycle de transformation permanente.
Une maison de poussière
Sur un terrain dégagé
Éclairée par la lumière naturelle
Habitée par des amis et des ennemis
Equipe de projet: Lalie Bays, Flavio Ribeiro, Jean-Michaël Taillebois, Sébastien Tripod
en collaboration avec Mélissa Rouvinet
expert torchis: Daniel Duchert
Commissionné par: Kunstmuseum Bochum
Aide à la construction: Songül Edis, Fion Pellacini
Réalisé avec l’aide de nombreux·se bénévoles